poil à gratouiller

livres, films, économie...

posté le 30-04-2013 à 11:30:12

De l'austérité

En premier lieu, le commerce extérieur des Etats européens étant essentiellement intra-européen, la demande extérieure des uns est surtout fonction de la demande intérieure des autres… et tous s’entraînent collectivement dans la même déveine en s’appliquant une austérité à échelle continentale bien faite pour maximiser ses synergies négatives. En second lieu, il semble que les élites européennes n’aient toujours pas accédé à cette idée pourtant élémentaire que les stratégies de compétitivité sont des stratégies non-coopératives, puisqu’elles visent à la constitution d’un avantage unilatéral, des stratégies différentielles donc, par là vouée à la nullité quand elles sont appliquées simultanément par tous — par construction, elles ne créent alors plus aucune différence !

 

 

Bien sûr « nullité » ne s’entend pas pour tout le monde puisque entre temps les entreprises engrangent méthodiquement les avantages (les régressions) qui leur ont été concédés sous couleur d’une « compétitivité » dont l’amélioration est en fait totalement étrangère aux données réelles du problème. On n’en revient donc pas de l’énormité des conquêtes patronales, aux frais de la collectivité (des contribuables et des salariés), quand on les rapporte à l’inanité du diagnostic fait en leur nom. Et l’on ne sait plus quoi penser de cette légèreté intellectuelle qui adosse à des justifications aussi ténues, en fait aussi fausses, des transferts aussi coûteux, consentis en pure perte, sinon qu’elle témoigne du dernier degré de la décomposition idéologique de « socialistes » abandonnés aux injonctions du capital, dont plus aucune réaction immunitaire ne les protège.

 

 

 

Impasse de la « flexibilité »

 

C’est le même genre d’effondrement politique et mental qui rend possible au gouvernement présent de donner son débonnaire patronage à un accord minoritaire (l’ANI) voué à simplement ratifier le rapport de force capital-travail dans sa configuration la plus défavorable au travail (en situation de chômage de masse), pour tout accorder ou presque au capital, émouvant spectacle du tête-à-tête complice de la CFDT et du MEDEF, conclu comme il se doit dans la concorde et avec la bénédiction des socialistes, trop heureux de s’abandonner au « contractualisme » des « partenaires sociaux », c’est-à-dire d’être exonérés de la responsabilité de légiférer pour remettre droit ce que les rapports de force ont nécessairement tordu. Lacordaire ne rappelait-il pas qu’« entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » ? Mais nul ne sait plus de quand date l’oubli socialiste de la loi comme unique moyen de défaire les asymétries du capitalisme. En tout cas Franck Lepage, qui ne cesse d’attirer l’attention sur les pièges politiques enfermés dans les mots les plus innocents d’apparence, et souligne notamment tout ce qu’emporte de rassembler patronat et syndicats sous l’irénique appellation de « partenaires sociaux » — dénégation même du conflit intrinsèque, central et indépassable du capitalisme —, aurait tort dans le cas présent : de ces deux-là, MEDEF et CFDT, on peut bien dire sans aucun abus de langage qu’ils sont partenaires

 

 

 

À l’image du rapport Gallois en tout cas, l’ANI ajoute l’inepte à l’ignoble — entendre l’inefficacité économique à la démission politique. Les entreprises ne manquent pas de flexibilité, elles manquent de demande ! Et toutes les flexibilisations du monde n’y pourront rien. Le crédit d’impôt du rapport Gallois commettait déjà le même contresens en se figurant que rendre 20 milliards d’euros aux entreprises améliorerait leurs investissements en améliorant leur profitabilité — le néolibéralisme patronal, qui n’a pas exactement la cohérence intellectuelle chevillée au corps, ne voit d’ailleurs aucun problème à cette étrange conception de la profitabilité fiscalement subventionnée. Cette ânerie de force 7, connue depuis les années 1980 sous le nom grotesque de « théorème de Schmidt », s’est révélée incurablement fausse pour ignorer ce mécanisme élémentaire que les entreprises n’étendent leurs capacités de production qu’à la condition d’anticiper une demande suffisante (pour le reste, elles procèdent à des investissements de rationalisation qui augmentent la productivité mais en détruisant de l’emploi). On peut les laisser empiler du profit autant qu’elles le veulent : pas de demande, pas d’investissement.

 

Frederic Lordon

 

 http://rupturetranquille.over-blog.com/

 


 
 
posté le 28-04-2013 à 19:45:15

journaliste chien de garde

 

 

  

 

Ce journaliste s'indigne  du scandale de passer l'éponge sur des délits commis par des salariés dans le cadre d'un conflit social et parle  d'état de droit et des choses qu'on n'a pas le droit de faire parcer que la légalité l'emporte sur la légitimité. La violence  du pauvre n'est pas un droit,  à l'inverse de la violence des possédants qui permet de détourner l'argent des entreprises, de trafiquer avec des lobbyes, etc , car celle-là n'est pas évoquée. 

 

 

 

 

 


 
 
posté le 28-04-2013 à 16:28:12

Le mur des cons

 
 
 
 
 
 

 
 
Quand les chiens de garde se retrouvent sur le mur des cons... 
 


 
 
posté le 25-04-2013 à 19:25:23

Hollande pire que Sarkozy


Le gouvernement est à plat ventre devant le patronat

 
 
 
 

Interview de J.P. Mercier :
 
" La position du gouvernement est  écoeurante, encore une fois il se met à plat ventre devant le patronat. Hollande est pire que Sarkosy, c'est un gouvenement de gauche qui donne l'autorisation aux patrons de baisser les salaires, d'augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires,  et d'imposer une mobilité géographique dans toute la France."
 

 
 

Hidalgo fait volte-face sur le travail du dimanche

 

 «Une déclaration de guerre aux salariés du commerce» .liberation

 

 " Depuis deux jours, le Front de gauche parisien s’étrangle en entendant les déclarations d’Anne Hidalgo puis de Bertrand Delanoë, prêts à lâcher du lest sur le travail dominical et l’extension des zones touristiques concernées dans la capitale."

 


 le gouvernement repousse l'idee d une amnistie sociale

 

 

" La proposition de loi ... visant à amnistier certains délits commis lors de mouvements sociaux, à laquelle le gouvernement est opposée, a été rejetée de facto mercredi en commission des Lois à l’Assemblée. Tous les articles de cette proposition de loi, qui avait été adoptée de justesse au Sénat fin février, ont été rejetés l’un après l’autre. " Libération

 

 

 


 

 
 
 


 
 
posté le 22-04-2013 à 21:13:58

Le nom des députés qui ont voté l'ANI

L'ANI est cette loi qui précarisera encore plus les salariés :

  • le refus de mobilité deviendra  une cause de licenciement.
  • un contrat intermittent serait créé alors qu’il faut, au contraire, renforcer le CDI.
  • des accords d’entreprise pourront imposer, sous peine de licenciement, la baisse des salaires et/ou l’augmentation du temps de travail en reprenant ainsi la loi du député UMP Warsmann.
  • les licenciements économiques collectifs seront plus faciles et plus rapides.
  • l’inversion de la hiérarchie des normes permettra  que des accords d’entreprises soient moins favorables que le droit du travail.
  • les recours au juge contre des licenciements collectifs, comme devant les prud’hommes, seront limités, etc

Voici la liste des députés qui ont permis par leur vote ou leur abstention ce recul social :

 

 http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0481.asp

 

 Le Sénat a adopté  le projet de loi sur l’emploi

 

 "Le Sénat a adopté, dans la douleur, dans la nuit de samedi à dimanche le projet de loi sur l’emploi, le gouvernement ayant décidé d’utiliser un vote bloqué pour faire accélérer les débats ce qui a déclenché la fureur des sénateurs communistes qui ont retiré tous leurs amendements et quitté l’hémicycle.

 
Le texte a été voté par 172 voix contre 24 à l’issue d’un débat houleux. Le PS, le RDSE et les centristes ont voté pour. L’UMP et les écologistes se sont abstenus. Seuls les communistes ont voté contre ainsi que Marie-Noëlle Lienemann (PS)."
 
 
 
Ca va mieux en le disant :
 Il est a noter que pas un écologiste ne s'est opposé à cet accord, se retranchant dans l'attitude faux-cul de l'abstention. Les p'tites fleurs et les abeilles d'accord, mais prendre position, ils ne sont pas fous au point de se fâcher avec le PS. A se rappeler lors de prochaines élections qu'ils se sont mis du côté du patronat, donc contre les salariés. Aux prochaines élections, il faudra les renvoyer à leurs chères études et dans leurs associations où ils font un meilleur boulot qu'à la chambre des députés et du Sénat où ils ont tendance à se faire du gras.
 
Tags: #travail
 


Commentaires

 

1. alderic25  le 22-04-2013 à 21:16:48  (site)

@ Etoile, désolé, j'ai voulu remanier l'article, du coup j'ai perdu ton commentaire et le mien.

 
 
 
 

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